Analyses

La tablette francaise est elle une utopie ?

Archos a depuis quelques années délocalisé sa production , Qooq la re-localise ...  Deux politiques répondant à une question à la fois de société  et économique : peut on et doit on faire des tablette françaises ?

Il faut remarquer que si la réponse à cette question a été diamétralement opposée c’est aussi que les deux  politiques commerciales sont très différentes ...

Archos , pour réussir à vendre a décider de casser les prix , Qooq à augmenter la qualité des produits ... Qooq a aussi décidé de travailler dans un marché de niche : la tablette orientée plutôt cuisine : robuste mais moins polyvalente ...

Le petit problème est que pour répondre à cette question , il faut savoir ce qu’est une tablette  et quel genre de travail cela demande ...

Il faut éviter d’imaginer l’industrie de l’électronique avec les yeux du passé  :  des tas de petites chinoises de 16 à 20 ans , payées une misère , mettant des tas de petits composants ...

Il y a 20 ans c'était déjà en voie de disparition , au moins pour l’électronique grand public  on ne peut , même si cela couterait moins cher , utiliser la main humaine pour monter une carte électronique ... 

Bien entendu , pour l’électronique de puissance (  chargeur de batterie , onduleur , etc  )... certaines choses sont mises à la main , parfois soudé à la main , mais c’est marginal ...

Pour expliquer le changement  voila ci dessous deux modèles de composants , les composants  traversants ( on les pique sur les cartes  ) presque plus utilisés en industrie , et les CMS  ( on les pose sur les deux faces du circuit imprimé ) …

Cela  permets de faire des produits toujours moins encombrants et moins chers ... Mais on est obligé de tout automatiser …

Voici donc le présent ( et l’avenir ) de la production électronique  : des machines  et un seul ou deux opérateurs  sur toute la chaine ...  De telles machines fonctionne « presque toutes seules » et s’auto vérifient :

il y a une machine qui dépose une pâte via des pochoirs ou comme une imprimante à jet d’encre  , une seconde machine qui est capable de poser tous les composants ( les moins rapides n’en placent que 10000 à l’heure )  , et enfin un « four à refusion»  qui va transformer la patte en soudure ... 

Ensuite il y a la « vision «

Une machine qui va vérifier via une caméra si les composants sont bien placés et si leur référence est exacte ...

Enfin , il y a le montage ( quelques soudures de câbles et une mise en boitier ) ...

C’est seulement au niveau de cette mise en boitier et test que le produit français coutera vraiment  plus cher que le produit chinois ...

Seulement là , le discours de Qooq et d’ Archos diffère : Qooq dit que cela évite d’autres frais  et donc que cela coute moins cher , Archos dit qu’il ne peut se permettre ...

Je pense que la bonne politique est celle de Qooq ...

Qooq dit que cela évite d’avoir de trop gros problèmes de qualité mais qu’en contrepartie il faut concevoir de façon à ce que le produit soit rapide à faire ...  

Je pense qu’en effet c’est le gros problème pour des PME du type Archos ou Qooq ( qui ne pose pas de problème aux grosses entreprises ) il faut énormément de personnel pour  contrôler et coordonner la production chinoise  à la direction et au bureau d’étude français ... On peut penser à la farce des boitiers souples des Archos 80 Gen 9 , soi disant corrigés et qui ne le sont pas suffisamment ...

Bref ,si  les produits Archos étaient  fabriqués en France seraient de meilleure qualité car la communication serait meilleure .

Il y a aussi une autre chose , en temps de crise , les entreprises  , de quel que soit leur origine , ont tendance à re-localiser ... J’espère en partie par esprit civique  mais plus certainement pour une raison de communication avec ses principaux clients et ses clients de longue date ...

Cependant ne nous leurrons pas , quel que soit le pays de montage de la tablette , elle sera chinoise par ses composants ...


 © philippe LEGRAND 2010-2017